Un nouveau chef en cuisine: le SVR prend le contrôle de la branche influence du groupe Wagner pour les opérations offensives dans le Sud Global

Privé de son fondateur depuis la mort d’Evgueni Prigojine, le groupe Wagner n’a rien perdu de sa capacité d’influence. Des documents inédits révèlent comment l’appareil façonné par Prigojine a été progressivement transféré aux services de renseignement russes. Placée désormais sous le contrôle direct du Service de renseignement extérieur russe (SVR), Africa Politology — ancienne branche d’influence de Wagner réunissant spécialistes en communication stratégique, experts pays, professionnels des campagnes politiques et des réseaux sociaux — fait l’objet d’une restructuration en profondeur. Son intégration s’inscrit dans une stratégie d’influence et de projection de puissance désormais pilotée au plus haut niveau de l’État russe. Selon les éléments obtenus par INPACT et ses partenaires médias, cette stratégie cible prioritairement les pays du Sud Global et a mobilisé un budget d’environ 750 000 dollars par mois entre janvier et octobre 2024.

Photo des fuites de données reçues/ Forbidden Stories

Vivre et Laisser Mourir

En août 2023, Evgueni Prigojine réapparaît à l’écran pour la première fois depuis l’échec de la marche sur Moscou qu’il avait menée début juin, après avoir été qualifié de « traître » par Vladimir Poutine. Une vidéo, probablement tournée au Mali, est diffusée sur Telegram. On le voit en tenue de combat. Il annonce : « On travaille » et ajoute : «Il fait 50 degrés, juste comme on aime. Wagner rend la Russie encore plus grande sur tous les continents et l’Afrique encore plus libre. »

Capture d’écran – Telegram

Des photos sont ensuite publiées en provenance de la République centrafricaine, où l’on voit Prigozhin en compagnie de Dimitri Sytyi, figure influente du groupe Wagner et personnage historique en RCA, à la Maison russe de Bangui. 

Dernières photos d’Evgeny Prigozhin vivant en RCA avec Dimitri Sytyi – Facebook

Lors de ce voyage, Dimitri Sytyi a annoncé une nouvelle stratégie visant à faciliter les investissements des entreprises russes, avec l’ouverture, au sein de la Maison russe, d’un guichet dédié aux sociétés russes souhaitant investir sur l’ensemble du continent africain. Cependant, cette évolution de la stratégie d’influence du groupe Wagner n’était peut-être pas totalement fortuite.
Un consortium d’enquêteurs, composé de The Continent, Forbidden Stories, All Eyes On Wagner/INPACT, Dossier Centre, openDemocracy, iStories et de plusieurs journalistes indépendants russophones, a obtenu un document intitulé «Confédération des Indépendances». Non daté, il fait référence à des événements survenus fin juillet 2023 au passé et à des événements survenus le 23 août 2023 au futur. Ce document stratégique a probablement été rédigé en août 2023, alors que Prigojine préparait son retour au pouvoir, et jetait les bases d’une nouvelle stratégie visant à accroître l’influence russe en Afrique. Le document indique que « la Confédération des Indépendances deviendra un centre pour l’expansion de l’influence russe ». La stratégie propose de détourner l’attention des pays occidentaux de l’Ukraine vers l’Afrique, de nuire à leur image de partenaires militaro-politiques fiables et de perturber la logistique militaire de l’AFRICOM (Commandement américain des forces africaines) entre la région méditerranéenne et l’Afrique subsaharienne. Le document envisage trois principaux objectifs : faire l’acquisition de nouveaux alliés lors des votes à l’Assemblée générale des Nations Unies, obtenir l’accès à de nouveaux marchés pour les hydrocarbures, les produits agricoles et les armements, et façonner les perceptions d’un discours international néocolonialiste par la France, le Royaume-Uni et les États-Unis. Le document cite abondamment l’implication et l’aide du service de renseignement extérieur russe, le SVR.

Capture d’écran d’un extrait du document stratégique de 54 pages intitulé « Confédération des indépendances » / Forbidden Stories

La feuille de route stratégique fait partie de 76 documents internes, datés de 2023-2024, que la rédactrice en chef de The Continent, un média panafricain, a reçus d’une source anonyme. Ces documents font référence à la « Société », nom utilisé par ce réseau pour se désigner. Sur l’ensemble des 1 431 pages, notre consortium d’enquête a examiné pendant plusieurs mois des plans stratégiques, des budgets, des biographies d’employés, un catalogue de produits médias et de services de conseil, des rapports opérationnels et la présentation de campagnes de désinformation. Grâce à l’expertise de plusieurs spécialistes et sources de sécurité européennes, ainsi qu’à nos propres vérifications, nous avons pu confirmer l’authenticité des documents. Ivan Klyszcz, chercheur et spécialiste de la Russie en Afrique au Centre international de défense et de sécurité, a examiné les documents et contribué à leur authentification : « Les fichiers présentent plusieurs signes d’une origine russe. Le langage employé est naturel et relève du style de la communication interne, c’est-à-dire professionnel mais sans fioritures destinées aux relations publiques. La mise en page des documents suit également des conventions typiques des documents russes ; j’ai rencontré des tableaux et une mise en forme de paragraphes similaires dans des documents gouvernementaux. Quant au contenu des fichiers, leur examen donne l’impression d’une entreprise de conseil politique et de communication stratégique. Les documents stratégiques par pays et les discussions concernant le bureau en Bolivie sont particulièrement révélateurs ; il s’agit vraisemblablement d’un échange visant à créer un bureau de conseil politique et de communication stratégique. Dans le contexte plus large des relations extérieures russes, les pays mentionnés et ceux qui sont omis de ces documents suggèrent qu’ils représentent un segment important de la politique étrangère russe, puisque des portefeuilles importants (par exemple, le Venezuela et la Syrie) sont absents. Le niveau de détail de tous ces fichiers est remarquable et, s’ils sont authentifiés, ils offrent un aperçu précieux des coulisses de certains événements importants de la politique étrangère russe, à savoir la formation de l’AES et le rôle de Moscou dans ce processus. »

Le 23 août 2023, Prigojine meurt dans un accident d’avion en Russie, probablement éliminé par les services de sécurité russes en représailles à l’humiliation infligée à Vladimir Poutine. Son équipe de conseillers en communication poursuit néanmoins son travail aux côtés du SVR.

Découvrez Africa Politology, la Société

Selon les factures, un membre clé du réseau, Artem Gorniy, paie un loyer de 147 912,25 RUB (1915,41 USD) au Centre d’affaires Andreevsky en janvier 2024 à cette adresse Bolshoi Prospekt V.O., bâtiment 18, lit. A, salle 330, 3e étage Saint-Pétersbourg 199034 à Saint-Pétersbourg.

Facture de loyer pour janvier 2024

La même adresse est associée en 2023 par le Trésor américain à « Africa Politology », décrite comme développant des « stratégies et des mécanismes visant à inciter les pays promouvant les droits de l’homme et la bonne gouvernance à se retirer d’Afrique et est impliquée dans une série d’opérations d’influence russes en République centrafricaine et au Mali, notamment la tentative de discréditer l’ONU et des poursuites judiciaires contre des médias rendant compte des conséquences des activités du groupe Wagner. Le Département d’État a sanctionné Africa Politology en janvier 2023 pour avoir agi pour le compte de Prigojine”.

Trois individus apparaissent à la tête du réseau : Sergey Vasilyevich Mashkevich, Sergei Sergeyevich Klyukin et Artem Vitalievich Gorniy. Tous ont un passé commun avec Africa Politology, au sein du groupe Wagner. Ils ont tous travaillé au Soudan.

De gauche à droite : Sergey Vasilyevich Mashkevich, Sergei Sergeyevich Klyukin et Artem Vitalievich Gorniy – source : VK/conçu par Forbidden Stories

D’après les bases de données russes, Mashkevich a travaillé au sein du département administratif de la présidence russe de 2015 à 2018. En 2019, il est devenu responsable du projet soudanais d’Africa Politology et un collaborateur haut placé de Prigojine. Figure centrale d’Africa Politology, il a, selon une biographie élogieuse figurant dans le corpus documentaire, « joué un rôle crucial dans la stabilisation du régime du président bolivien Luis Arce après la tentative de coup d’État de juin 2024. Il a élaboré la stratégie visant à contrer le récit de cet “auto-coup d’État” et a coordonné l’envoi de spécialistes russes à La Paz ». Au Soudan, il a rencontré Klyukin, alors responsable du département sociologique pour les affaires soudanaises. Ils ont collaboré avec Gorniy, à l’époque directeur adjoint du projet Soudan. En 2024, Mashkevich dirige Africa Politology, Klyukin est devenu chef du département analyse, encadre 34 experts et assure, depuis janvier 2024, la veille de 15 pays. Gorniy gère les opérations de back-office du réseau depuis la Russie. Tous font partie de Stratconsult LLC, une société écran créée en 2024 par Klyukin et utilisée pour faciliter certains flux financiers. Des documents obtenus séparément par Dossier Center montrent que Gorniy a déposé d’importantes sommes d’argent liquide sur les comptes de la société. StratConsult payait généralement en espèces non traçables, mais a également utilisé des cryptomonnaies à au moins une reprise, documentée dans les documents divulgués : le paiement d’un abonnement à African Intelligence. Dans les pays cibles, d’autres agents sont sur place pour exécuter les missions, comme en témoignent des copies de billets d’avion pour Bamako, Johannesburg et Dubaï. Bien que nombre d’entre eux opèrent dans la clandestinité, des données divulguées, des arrestations publiques et des sources sécuritaires ont permis à notre consortium d’identifier au moins soixante membres de ce réseau. En mai 2024, le réseau aurait atteint 98 agents répartis entre Saint-Pétersbourg, l’Afrique et l’Amérique latine.

Les documents divulgués révèlent qu’Africa Politology exerce deux activités principales : la « politologie » et les « médias ». L’équipe « politologie » se concentre sur le lobbying, les affaires publiques et les relations internationales, tandis que l’équipe « médias » travaille sur la communication stratégique, l’étude de l’opinion publique et la création de campagnes narratives via de faux comptes sur les réseaux sociaux et des sites web, l’achat d’articles et le recours à des influenceurs. Dans les documents, les conseillers en communication rendent compte mensuellement de leurs activités et de leurs réalisations : organisation de sondages d’opinion, entretiens avec des personnalités clés des pays concernés à des fins de conseil, lobbying pour influencer les politiques et réglementations nationales, notamment en promouvant dans certains pays un équivalent de la loi russe sur les agents étrangers ou en plaidant pour la refonte du code malien. Au Niger, la société indique avoir mené une opération contre Orano, la compagnie française d’uranium exploitant des mines à Arlit. L’objectif est double : discréditer les concurrents, tels que les pays ou entreprises occidentaux, et tenter de conquérir de nouveaux marchés stratégiques comme les ressources naturelles, l’énergie ou les minéraux. Africa Politology rémunère également des sources occupant des postes clés au sein des gouvernements ou dans les sphères politiques, comme le révèle un document partagé avec AEOW/INPACT.

L’équipe « médias » élabore des campagnes narratives visant à influencer l’opinion publique et à diffuser des messages clés dans les sphères publiques des pays cibles. Pour ce faire, elle recourt à diverses techniques. Les documents divulgués attribuent à une employée, Ksenia Valeryevna Soboleva, l’achat de groupes de comptes Facebook et la gestion des fonds promotionnels de chaînes Telegram telles que « Sovereign », « Arab Africa », « Galloping Across Africa », « Algeria Today », SHARQ et Abbas Djuma.

Ksenia Valeryevna Soboleva

D’après les documents divulgués, l’entreprise aurait déboursé 340 000 USD pour 516 articles, publications et vidéos diffusés en Afrique et en Amérique latine en août 2024. Contacté par le consortium d’investigation, Pulse Live Kenya, l’un des médias utilisés par la société pour placer des articles en payant, a expliqué : « Publie des contenus éditoriaux et commerciaux. Nous acceptons ponctuellement des publications sponsorisées de clients, souvent par l’intermédiaire d’agences de relations publiques ou de communication. Conformément aux pratiques courantes du secteur, nous n’avons pas toujours accès à l’origine du financement de ces campagnes lorsqu’elles passent par des tiers. Dans le cas présent, il s’agissait de publications commerciales. Elles ont été clairement identifiées comme telles et n’ont pas été intégrées à notre ligne éditoriale. Pulse maintient une séparation stricte entre contenus éditoriaux et commerciaux et n’autorise aucune influence des contenus sponsorisés sur ses décisions éditoriales. »

Exemples de médias payés par Africa Politology

Africa Politology présente un budget mensuel s’élevant à 7,2 millions de dollars américains (660 millions de roubles) sur 10 mois, destiné à financer les activités de ses divisions de politologie et de médias. La République centrafricaine, le Mali et l’Afrique du Sud sont les pays prioritaires en matière de budget, et de nouveaux pays seront intégrés au périmètre d’intervention à partir d’avril 2024.

Graphique modélisé à partir de budgets mensuels fuités.

Le SVR, nouveau cuisinier en chef

Des documents révèlent l’implication importante du SVR, le service de renseignement extérieur russe. Selon les révélations d’AEOW/INPACT, des agents du SVR semblent de plus en plus impliqués dans les discussions relatives à l’avenir du groupe Wagner dans les pays clés où cette société militaire privée s’est implantée à la fin de l’été 2023. C’est le cas de Denis Pavlov, un agent du SVR qui travaillait auparavant en Europe et qui a repris la gestion du partenariat de sécurité avec la Direction générale de la police nationale centrafricaine en septembre 2023, partenariat historiquement dirigé par Vitali Perfilev, un membre clé du groupe Wagner. Pavlov apparaît lors de réunions avec le ministère russe de la Défense et une délégation du GU (renseignement militaire) en RCA en septembre 2023.

Denis Pavlov participe à une réunion entre des responsables de la RCA et une délégation militaire russe – source AEOW

Au Mali, un autre officier du SVR apparaît dans une délégation similaire à l’automne 2023. Bagrat Benurovich Shinkuba a été identifié comme membre du SVR par des groupes de recherche.

Bagrat Benourovitch Shinkuba en réunion au Mali – source réseaux sociaux

Les documents divulgués offrent un aperçu de l’implication du SVR dans le travail d’Africa Politology dans les pays. Au Mali, le SVR est chargé de fournir des renseignements à Africa Politology concernant les plans militaires et politiques de la France et des États-Unis au Sahel. Il a également pour mission d’apporter un soutien diplomatique à la création d’une nouvelle union militaro-politique regroupant le Mali, le Burkina Faso, le Niger et la République de Guinée, qui deviendra par la suite l’AES, l’Alliance des États sahéliens. Dans de nombreux pays, le SVR est chargé de faciliter le développement des relations commerciales et de promouvoir les intérêts russes par le biais d’entreprises russes.

Mais son rôle peut aussi être plus offensif. Au Sénégal, alors que des manifestations secouent le pays, Africa Politology envisage un scénario de collaboration avec l’armée sénégalaise en vue d’un coup d’État militaire. Dans ce contexte, le SVR est chargé de garantir le soutien des services de sécurité russes officiels à l’armée sénégalaise en cas de coup d’État.

Credit design et traduction: Forbidden Stories

En République centrafricaine, le SVR a pour mission de présenter un expert russe au Groupe d’experts des Nations Unies sur la RCA et d’infiltrer un agent d’influence russe au sein de la MINUSCA afin de faciliter son retrait du pays. Il est également chargé de faciliter la mise en œuvre d’un projet d’approvisionnement en carburant russe en RCA. Au Mozambique, le SVR est chargé de recueillir des informations sur les activités des « agents d’influence » américains et français, ainsi que sur les liens commerciaux rwandais avec la compagnie énergétique Total et les autorités françaises. En Somalie et en République démocratique du Congo, le SVR est chargé de positionner la Russie sur les questions de sécurité en facilitant les contacts entre le ministère russe des Affaires étrangères, la Chine et les Émirats arabes unis en RDC, en contribuant à l’établissement de contacts avec le personnel de la Mission d’assistance des Nations Unies en Somalie et en coordonnant les acteurs russes impliqués dans le processus de stabilisation du pays.

Alors que tous les acteurs russes semblent œuvrer de concert pour accroître l’influence russe sur le continent, le SVR se trouve également en concurrence, dans certains cas, avec le ministère russe de la Défense. En République centrafricaine, le SVR est sollicité pour aider le ministère de la Défense à ne pas entraver les activités des membres du groupe Wagner opérant sur le territoire. En Libye, le SVR est censé veiller à ce que le ministère russe des Affaires étrangères n’interfère pas avec les activités du groupe Wagner et que le remplacement de ce groupe par d’autres sociétés militaires privées ne soit pas perçu par la communauté internationale comme une intervention russe susceptible de déclencher une action militaire de l’AFRICOM.

Le transfert de contrôle s’opère pleinement après la mort de Prigojine. Si le SVR se contentait d’apporter son soutien lorsque Prigojine a relancé la stratégie d’influence de Wagner, les services de renseignement russes ont pris le contrôle du réseau par la suite. Selon des documents consultés par le consortium et des sources sécuritaires européennes, le SVR a pris le contrôle d’Africa Politology fin 2023. Africa Politology est désormais entièrement internalisée par les services de sécurité et exécute les missions confiées par le SVR.

Tous les coups sont permis 

Ce qui distingue Africa Politology, ce sont les mécanismes qu’elle utilise pour mener des campagnes implacables à l’échelle mondiale. La force d’Africa Politology ne réside pas tant dans l’impact de ses campagnes, difficilement mesurable, que dans sa capacité à dénoncer sans relâche les institutions occidentales, l’Ukraine et à promouvoir exclusivement les intérêts de la Russie. Les documents divulgués révèlent des rapports opérationnels et des présentations intitulés « Stratégie pour le Sud global ». Africa Politology cible, par ses actions, 34 pays d’Afrique et d’Amérique latine. L’envergure mondiale de ces opérations et la centralisation de leur gestion sont la marque de fabrique de ce réseau.

Au-delà de la régularité de ses campagnes, Africa Politology se distingue par ses méthodes offensives. Initialement sous l’égide du premier agent d’influence du Kremlin, elle est devenue l’un des bras opérationnels du SVR, mêlant communication stratégique et espionnage pour prendre l’avantage sur ses concurrents. Africa Politology n’a aucun scrupule. Ses méthodes visent à discréditer les adversaires de la Russie dans les pays ciblés, à semer l’instabilité et à propager des mensonges, et à promouvoir les intérêts économiques russes au détriment de partenariats équilibrés. Des documents révèlent comment, par le biais d’Africa Politology, la Russie recourt à des manœuvres douteuses pour s’immiscer dans la politique intérieure et instaurer une stratégie de chaos dans des pays en conflit où les mécanismes de stabilisation sont mis à mal, comme la Libye, le Soudan et la RDC.

L’action sans foi ni loi d’Africa Politology en Namibie en est un exemple frappant. Ses agents se sont attachés à façonner le discours politique avant le scrutin. Leur objectif était double : discréditer les figures de l’opposition et renforcer la position de Netumbo Nandi-Ndaitwah, alors candidate à la présidence du parti SWAPO, au pouvoir depuis l’indépendance. À cette fin, ils ont fabriqué une lettre prétendument écrite par la députée britannique Sarah Champion au Premier ministre Keir Starmer, alléguant que Londres finançait secrètement le groupe d’opposition Independent Patriots for Change. Selon des rapports internes divulgués ultérieurement, les instigateurs de ce complot se sont félicités de ce qu’ils ont décrit comme un résultat tangible : le haut-commissaire britannique en Namibie est intervenu à la télévision nationale pour démentir publiquement ces allégations.

Dans les prochains épisodes de cette série, notre consortium analysera en profondeur la manière dont le SVR a orchestré la prise de contrôle d’Africa Politology, dressera le profil des personnes menant ces campagnes hostiles et dévoilera les méthodes précises employées pour semer le chaos sur le continent africain et en Amérique latine. Nos investigations s’attacheront également à démystifier la machine de propagande du SVR, dont l’efficacité est parfois discutable et qui souffre de biais majeurs.

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