L’attaque de l’aéroport de Niamey dans la nuit du 28 au 29 janvier 2026 par un groupe affilié à la mouvance terroriste a permis de révéler la présence russe sur la base aérienne contiguë à l’aéroport.
En effet, les officiels nigériens ont reconnu l’aide apportée par les russes durant cette attaque qui aura vu l’usage probable de drone par les assaillants durant une attaque coordonnée en plusieurs points du sud de l’aéroport. Cette participation active du détachement de l’Africa Corps est également commentée par African Initiative, avant même la communication officielle nigérienne.

Au-delà du fait que cette attaque est désormais un caillou dans la chaussure du narratif nigérien qui voulait que tout était sous contrôle tout en omettant de décrire la réalité vécue par les populations du Tillaberi et la pression exercée par le JNIM et l’IS-S sur Niamey, c’est bien la confirmation de l’engagement russe au Niger.
Le 22 janvier déjà un article des échos du Niger avait fait état d’activités civilo-militaires des autorités nigériennes dans la région de Dosso, zone touchée par les violences perpétrées par l’IS-S notamment.

La visite à Niamey du clergé orthodoxe russe avait pu également montrer une présence d’Africa Corps.

INPACT a pu ainsi localisé cette église faite d’un container maritime située à l’extrémité est de la base aérienne localisée avec l’aéroport de Niamey.

D’autres images satellites permettent de voir qu’au matin du 29 janvier 2026, un drone turc TB2 est stationné devant un hangar de cette zone.

Cette présence russe désormais affirmée est aussi un écueil majeur pour les autorités nigériennes qui ont maintenu un discours sur la souveraineté, l’affirmation d’une identité singulière nigérienne héritée des périodes de gouvernance des présidents Tanja, Issoufou et Bazoum. La communication russe d’Africa Corps contribue également à faire voler l’affirmation de souveraineté du pays et de son contrôle dans le choix des partenaires en adoptant un ton méprisant vis à vis de l’armée Nigérienne et vantant leur rôle critique.
“Cette nuit, l’aéroport de Niamey au Niger a été attaqué par des terroristes. Bien sûr, les “guerriers” locaux n’ont rien pu faire. Ils ont dormi pendant l’attaque, puis toute la sécurité s’est enfuie, comme c’était le cas à Bamako le 24 septembre. Les terroristes sont entrés dans l’aéroport et ont fait ce qu’ils voulaient en toute tranquilité. Devinez qui est le seul à avoir livré bataille et à avoir mis les terroristes en fuite? Je pense qu’il n’y a pas besoin de deviner longtemps“.

“Les gars du Niger écrivent. L’aviation du Niger, basée sur la base aérienne 101, a été attaquée. Si ce n’était pas pour les gars de l’AC [NDLR: Africa Corps], les Nigériens auraient perdu tous leurs drones Bayraktar. En bref, là où se trouvaient les AC, les terroristes ont été mis en déroute et n’ont rien pu faire. Mais là où se trouvaient les alliés, tout a été incendié et tous ceux qu’ils ont pu rattraper ont été tués“.

“Les forces armées du Niger affirment avoir éliminé cinq terroristes. Ce qu’elles ne mentionnent pas, cependant, c’est que les soldats nigériens n’ont pas tiré une seule fois pendant le combat“.

Cette aide désormais officielle s’était aussi manifestée par l’escorte armée fournie pour amener le convoi d’uranium depuis Arlit vers Niamey, tel que nous l’avions décrit dans notre note. Par le passé, l’arrivée de Africa Corps n’avait pas été confirmée par les autorités du pays. Plusieurs médias et des sources propres d’INPACT avaient indiqué qu’ils étaient établis dans des villas près du siège de la sécurité extérieure du Niger avec laquelle ils coopéeraient en direct.
Quelques mois auparavant, la vente de l’uranium produit durant la période d’exploitation d’Orano a été stoppée. Le yellow cake est depuis en partie stocké sur la base 101.

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